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La sagesse de notre cycle féminin

écrit par Jessica Renaud
La sagesse de notre cycle féminin

C’est au printemps de mes treize ans que j’ai saigné pour la première fois. Je me souviens des trottoirs nus et secs du quartier Rosemont. Les rayons de soleil chauffaient mes avant-bras hâtivement nus, entre les branches des arbres de rues encore dénudés de feuilles.

Quelle fierté j’ai éprouvée de montrer à ma mère ma petite culotte de coton tâchée de sang rouge clair. Quelques jours auparavant, j’avais échangé mon premier french avec un camarade de classe sous un érable aux bourgeons gonflés de sève. Et ce matin, mes règles. J’étais désormais une femme !

Pour célébrer l’évènement, ma mère et moi avons fait une virée au marché Jean-Talon. Nous sommes allées manger une pizza chez Napolitena puis avons fainéanté à la quincaillerie Dante, avant de nous arrêter à la pâtisserie Alati Caserta acheter mes biscuits italiens préférés, ceux en forme de rosettes remplies de pâte d’amande. Je marchais la tête haute, le cœur fier. L’étal des légumes, les beaux Italiens, la chaleur précoce d’avril, tout s’offrait à moi. Le monde m’appartenait.

Cycle féminin: saigner, c’est dérangeant ?

Au fil des ans, j’ai appris que pour beaucoup de jeunes filles, l’apparition des règles était vécue dans la peur, le dégoût ou la honte. À évoluer dans un univers qui méprise la nature sauvage, j’en suis moi-même venue à voir mes règles comme une malédiction et ma condition de femme comme le résultat d’un mauvais karma. Il m’a fallu quitter la grande ville, passer beaucoup de temps en intimité avec la nature et côtoyer des femmes inspirantes pour pouvoir à nouveau célébrer ma nature de femme à travers toutes les phases de son cycle.

Les femmes saignent tous les mois, de l’adolescence à la ménopause. C’est sans équivoque! Par contre, nous avons le choix suivant:

Subir nos règles comme une damnation … ou vivre ce temps du mois comme une initiation et une régénération

Rouge menstruations

Pourquoi avons-nous honte d’être menstruées? Comme si le sang qui s’écoulait de nos corps fertiles était malpropre ou maléfique.

Mais d’abord, que sont les menstruations ?

Le mot provient du latin mensis, ce qui signifie mois, et est apparenté au mot grec «mene»: lune.

Les menstruations marquent donc un rythme. Le rythme de la vie, dont la mort est indissociable. Comme je vous en parlais dans mon article sur la Nouvelle Lune, le cycle hormonal de la femme est d’une durée moyenne de 29.5 jours, pareil au cycle lunaire. 

Il est intéressant de suivre son cycle menstruel en le comparant aux phases de la lune afin de constater l’influence de l’astre nocturne sur notre corps. Entrer en intimité avec son cycle menstruel nous permet de nous connecter intimement à la nature, et plus spécifiquement au cycle des saisons.

La lune qui guide nos cycles et rituels

Pendant des millénaires, nous avons calculé le temps en observant les révolutions de l’astre nocturne. Cela fait à peine 6 siècles que le calendrier grégorien (basé sur la révolution solaire) a pris le pas sur le calendrier lunaire. 

Mais l’usage du calendrier lunaire est encore en vigueur de nos jours, dans plusieurs traditions, afin de déterminer les fêtes et les festivals religieux : le Ramadan des islamistes, la Pâques des chrétiens, le Nouvel An de plusieurs pays d’Asie, le Vesak des bouddhistes et de nombreux autres.

Comprendre et suivre son cycle menstruel

En comparant notre cycle intime à celui des saisons et de la lune, nous tirons sagesse de la terre et des astres.

La préovulation ressemble à la fin de l’hiver et au début du printemps : la Terre s’éveille et se réchauffe au contact prolongé des rayons du soleil, les ruisseaux s’esclaffent, la sève circule à nouveau dans les troncs érigés.

L’ovulation correspond au printemps mature et au début de l’été : la nature est fertile, les abeilles pollinisent les fleurs, les oiseaux font leur nid, les asperges sortent fièrement du sol.

La période prémenstruelle correspondent à l’automne : les fleurs donnent leurs graines, les feuillent ternissent, les épis de maïs sont récoltés, la lumière diminue.

Les menstruations sont semblables à l’hiver lorsque le sol se régénère, les animaux hibernent, la lumière est à son plus bas, les arbres se reposent, la nature est silencieuse et introspective.

En étant à l’écoute du cycle de vie de la nature, nous apprenons en même temps à nous reposer lorsque le corps le demande et à célébrer lorsque la vie et la créativité jaillissent. 

Pour celles qui sont intéressées à expérimenter avec le cycle de la lune:

La femme sauvage en nous

femme sauvage cycle feminin

La femme doit affirmer ses instincts afin de protéger son âme sauvage.

– Nikiah Seeds

Être en relation avec son cycle menstruel permet une meilleure écoute de nos besoins, trop souvent relégués aux oubliettes.

À l’antipode de l’ovulation, les menstruations sont le symbole que la non-procréation. En effet, si l’ovule n’a pas été fécondé lors de l’ovulation, l’endomètre (substance vascularisée qui tapis les parois de l’utérus) est évacué sous forme de saignements.

Les menstruations sont un temps pour célébrer la femme sauvage qui n’appartient qu’à elle-même.

Pendant ses règles elle n’est ni génitrice, ni épouse, ni sainte, ni fée. Contrairement à ce que j’ai longtemps cru, il n’y a aucune dichotomie à être à la fois mariée, mère de famille, citoyenne engagée et à la fois célébrer l’état brut et primal de la femme sauvage lors de sa lune rouge ou à tout autre moment du mois.

Car dans l’histoire…

En occident, depuis les Grecs anciens, les femmes ont été reléguées au rôle de génitrice. La société, la famille, le mari, tous attendaient de la femme une mère et une épouse dévouée. Non seulement devait-elle doter la lignée paternelle d’héritiers mâles, mais elle devait consacrer son temps et la sueur de ses ambitions à élever et consoler les enfants, entretenir la maison ainsi que satisfaire tous les désirs de son mari, de jour comme de nuit. 

Virginia Woolf, écrivaine au destin tragique de la première moitié du XXe siècle, surnomma la femme assujettie, La fée du foyer. Un rôle dont elle tentait elle-même de s’affranchir.

Même si la condition de la femme a évolué depuis Aristote, il n’en reste pas moins que le rythme de vie effréné de la société actuelle comporte sa part de défi pour la femme moderne (et pour l’homme sans contredit). Les désirs de plaire au patron, de satisfaire le mari, de s’occuper des enfants, de s’entraîner pour rester ferme et belle, et de cuisiner des repas sains peuvent vite reléguer les besoins personnels au bas de la liste.

Le cycle féminin de la Wonder Woman moderne

Est-il possible que la Wonder Woman moderne s’accorde le temps nécessaire de prendre un bain, au lieu de préparer le repas du soir ? De demander une journée de congé parce qu’elle a des crampes et qu’elle est d’humeur brouillonne ? 

Les émotions brutes qui font irruption -contre notre gré!-  pendant notre semaine prémenstruelle sont souvent dues à des besoins ignorés. Des besoins comme rester au lit un matin de semaine ou aller marcher dans les bois sont certainement considérés contre-productifs, dans une société qui carbure à la performance.

En nous écoutant, en nous accordant du temps, peut-être avons-nous peur de passer pour des égoïstes, de blesser un amant, une consoeur de travail ou notre progéniture ?

Lorsque la dentelle utérine se prépare à être évacuée, il y a simultanément une purification qui se fait au niveau émotionnel, psychique et énergétique. Ce qui a été relégué dans les profondeurs de la psyché, tout au long du mois, refait surface avec le sang qui s’écoule.

Être à l’écoute de notre cycle: notre Sagesse

Être à l’écoute de notre cycle, c’est aussi être à l’écoute de notre sagesse intérieure, qui peut prendre une voix colérique, devenir irritable ou accablée de tristesse, afin d’être entendue et écoutée.

  • L’irritabilité peut signifier que nous avons consacré trop d’importance aux besoins d’autrui et pas assez aux nôtres.
  • La colère peut être la manifestation d’une plaie qui nécessite temps et attention pour guérir.
  • La frustration peut traduire un besoin de repos que nous remettons toujours à plus tard.

Les besoins intimes changent d’un mois et d’une saison à l’autre. Parfois nous avons besoin d’être entourées de femmes et parfois de la solitude la plus complète. Parfois une simple tisane de framboisier dégustée dans la tranquillité est suffisante et parfois un rituel avec chandelles et tambour est nécessaire. 

Notre Lune rouge: Cercle de sagesse menstruelle

Le mois prochain nous aborderons l’alimentation, l’hygiène et les rituels en lien avec notre lune rouge.
D’ici là, pourquoi ne pas prendre le temps d’entrer en contact avec cette sagesse ancestrale nichée dans la profondeur de notre intimité ?
Si vous désirez organiser un Cercle de sagesse menstruelle dans votre communauté, consultez mon site et prenez contact avec moi.

 

Jessica Renaud jessica

Pour me joindre, consultez mon site internet www.jessicarenaud.com


 

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2 commentaires
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2 commentaires

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Socquet mars 25, 2019 - 11:07

Très beau texte qui nous rappelle d’écouter … notre nature profonde. Merci pour tes mots et tes images qui nous rappelle notre liberté.

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Jessica
Jessica mars 26, 2019 - 10:02

Les cycles; hormonal, lunaire ou saisonniers sont des occasion d’écoute profonde.

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