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Folle Théière, salon de thé

écrit par Sylvie Charbonneau
Folle Théière, salon de thé

Un salon de thé façonné par Martine et Émilie

Après 5 belles années à nous proposer du thé aux parfums envoûtants et de délicieux plats végétaliens, Folle Théière tire sa révérence. J’ai eu envie de vous partager l’article où je vous présentais une des 2 co-propriétaires, Martine Fontaine, car comme plusieurs, en mettant les pieds chez Folle Théière, j’y ai trouvé tellement plus que du thé! Et cela revient à Martine et à sa fille Émilie: deux femmes aux qualités de coeur exceptionnelles.  Or, pour arriver à fonder ce presque-magique petit resto, Martine avait fait un bien grand saut: un réel changement de vie.

Ouvrir et tenir resto, de nos jours, ce n’est pas une mince affaire. Le contexte est particulièrement difficile pour plusieurs restaurateurs, et Folle Théière n’y a pas échappé.

Mais Folle Théière a connu (ou, devrais-je dire, nous a offert!) presque 5 années de moments inoubliables. Voici comment tout a commencé…


La première fois que j’ai mis les pieds chez Folle Théière, j’ai eu un coup de coeur pour ce petit bijou d’endroit, aux couleurs enveloppantes et au rythme zen … une petite place où on ne peut faire autre chose que de ralentir, s’arrêter, prendre un grand respir… et goûter.  

Ça faisait du bien, j’avais besoin exactement de ça: je me suis donc rendue au comptoir, je me suis choisie un thé et une superbe salade, et je me suis assise.

Je venais d’entrer chez Martine et sa fille Émilie.  

Car, Folle Théière à Sherbrooke, c’est leur resto, leur projet, leur vision. Un projet qu’elles font vivre à l’automne de 2014: proposer non seulement une nourriture saine, sans gluten, végétalienne, goûteuse… mais aussi une ambiance, des valeurs qui misent sur ce qui est collectif, sur l’entraide, sur la créativité et la fantaisie.

Depuis, j’y suis retournée de nombreuses fois, je suis accro à leurs thés et leurs plats, mais aussi à l’ambiance zen

Et au fil du temps, j’ai connu davantage les propriétaires, on a placotté souvent de tout et de rien et on s’est trouvé plusieurs atomes crochus. 

Changer sa vie en 2 semaines

Folle Théière toile (1)

Autour d’un thé,  je discute avec Martine Fontaine, l’une des 2 propriétaires de Folle Théière. On jase de cohérence cardiaque, du film de Micheal Moore (que je n’ai pas encore vu, Martine! ), de Google et aussi de nos filles, qui sont à peu près du même âge…


Martine, tu as lancé Folle Théière il y a un an et demie, avec ta fille Émilie. Parles-moi un peu de ce projet, que vous avez façonné toutes les deux.

Martine:  Folle Théière  c’est un salon de thé, où on propose des thés de grande qualité, ainsi que des repas sans gluten et végétaliens, des smoothies, des desserts végétaliens crus. On avait une bonne idée du style d’endroit qu’on voulait développer… et ça nous a pris du temps à trouver le lieu parfait, qui allait nous permettre de créer l’ambiance qu’on imaginait. Mais on l’a déniché!

Le salon de thé, c’est mon rêve d’enfance: à 7-8 ans, moi et ma soeur, on a été initiées au rituel du thé par ma grand-mère. On demeurait sur une ferme, loin de tout: il y avait seulement notre maison et celle de nos grands-parents.

Pis on s’ennuyait, ma soeur et moi!  Nos parents étaient très occupés sur la ferme, alors les après-midis, on allait chez ma grand-mère, et elle nous faisait le rituel du thé: Elle nous servait du thé au jasmin, dans des mini-tasses. Ma grand-mère était particulière, elle avait une certaine culture et des savoirs moins conventionnels… elle était à la fois raffinée et un peu spéciale.

On passait nos après-midis là, on jouait, on prenait le thé, et c’était le bonheur total!

J’ai donc depuis longtemps rêvé de recréer ces moments, cet environnement et cette ambiance. 

Comment en es-tu venue à lancer ton projet de salon de thé ? Est-ce que tu travaillais depuis longtemps en restauration ?

Martine: Pas du tout!  Je suis éducatrice spécialisée et je travaillais dans une école alternative près de Sherbrooke. Il y a quelques années, l’école a vécu une situation compliquée au niveau de son permis, en lien avec des changements au ministère. J’ai appris juste avant la rentrée scolaire que mon contrat n’allait pas être renouvelé. Ça a été tout un choc! Mais 2 semaines plus tard, j’ai été rappelée:  les choses s’étaient arrangées et on me proposait de nouvelles tâches. 

Ne pas laisser filer son rêve

Pendant ces 2 semaines, j’avais eu le temps de réfléchir à tout ce qui m’arrivait; j’étais d’ailleurs passée par plusieurs émotions: Je suis dans la quarantaine et je n’ai plus d’emploi… Qu’est-ce qui va m’arrriver ? Qu’est-ce que je fais ?  J’ai donc vécu un gros 2 semaines intensif de remises en questions et de réflexions.

Et si c’était une belle opportunité…?

Quand ils m’ont rappelée pour me dire: “On t’a trouvé une place,  tu peux revenir...”  j’ai été décue.  

Parce que, dans ce tourbillon d’émotions, je m’ étais pas mal décidée pour mon projet de salon de thé. 

Donc, tu avais choisi: tu ne retournais pas travailler à l’école?

MartineEh oui ! Le déclic s’était fait pour moi, dans cette période de 2 semaines.  J’avais réalisé que si je retournais à mon emploi, j’allais sans doute continuer à travailler là-bas encore longtemps, j’allais vouloir rester dans cet emploi confortable et conserver mes conditions de travail, et que je ne partirais sans doute jamais.

Je voyais mon rêve d’enfance me filer entre les doigts.


 

 


À un moment donné, tu te dis: Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais.  

Je me suis décidée: je me lançais à fond dans la réalisation de mon rêve d’enfance: Mon salon de thé ! 

En 2 semaines, tu as, comme on dit, reviré ta vie de bord ?

MartineOui. Ça a été un véritable recommencement. J’en avais longuement discuté avec ma fille, qui avait envie de vivre quelquechose de concret après des années d’étude… mon projet l’intéressait beaucoup. J’avais l’opportunité de partir en affaires avec ma fille, qui était aussi passionnée que moi devant l’idée de ce salon de thé.

Plonger 2 fois plutôt qu’une !

Pour développer le projet, on a du mettre les bouchées doubles et on a tout appris ensemble. Notre plan initial, c’était un simple salon de thé avec des desserts et des smoothies santé. Mais le cours des choses en a décidé autrement: La clientèle nous demandait des repas et on a reçu des conseils en développement d’affaires qui allaient dans le même sens  …alors on a plongé une deuxième fois

On n’est pas cuisinières de formation, mais on avait le goût d’apprendre, alors donc, on l’essaie!  

Votre projet est passé de salon de thé à resto. Comment avez-vous vécu cela?

MartineY avoir pensé à l’avance, jamais on n’aurait imaginé offrir des repas, ou ouvrir un resto. Ça nous apparaissant trop lourd, trop gros.

Et effectivement, ça a été incroyable! Il a fallu se former, faire des recherches, planifier nos choses autrement…. On a suivi le courant et on y est arrivées. 

 

Folle théière a commencé à offrir des repas, des choses toutes simples: des salades, des sandwichs, des plats végétaliens. Ça s’est placé un peu naturellement, au fil de nos contacts et des choses qui se développaient. On est végétariennes de longue date et on a eu le goût  d’essayer le mode de vie végétalien: on l’a adopté et on le propose maintenant chez Folle Théière. 

On propose des déjeuners et des dîners, et ça semble bien répondre aux besoins de la clientèle. Et on a maintenant une patissière végétalienne qui collabore avec nous, et qui fait des scones pour accompagner le thé.

Revenir au salon de thé

Qu’avez-vous dans la mire pour les suites, avec Folle Théière ?

MartineAprès avoir développé le concept du resto, qui marche très bien et qui a de bonnes assises, on veut maintenant revenir un peu plus au thé . Pour se coller de très près au rêve d’enfance…

Alors nous offrons le rituel du thé à l’anglaise, les après-midis. Dans cette ambiance intimiste et zen qui est la marque distinctive de Folle Théière. 

Martine, j’aime bien connaître les 3 mots qui définissent la vision des gens. Si tu avais à résumer ton rêve, ta passion, en 3 mots ou 3 courtes phrases, ce serait quoi ?

Martine:  Avec le recul de cette expérience, je dirais qu’il ne faut pas résister, il faut suivre le courant. Si on étaient restées axées mordicus sur les principes du début, je pense qu’on ne seraient pas ouverts aujourd’hui. Alors mes 3 mots sont donc:

  • Ouverture  (à tout ce que la vie apporte)
  • Créativité
  • et:  Respect du vivant 

Folle Théière aurait fêté ses 5 ans le mois prochain.

Au cours de ces presque-5-ans, les 2 co-propriétaires on développé ce magnifique endroit à Sherbrooke, où nous trouvions chaleur, confort, amitié,  en plus des p’tits bonheurs qu’elles nous concoctaient, pendant que le thé infusait.

Ce beau projet, que nous avons été plusieurs à tellement aimer, se terminera avec la fin de l’été: les innombrables défis du monde de la restauration, ainsi (et surtout!) que l’instabilité et le manque de main d’oeuvre qualifiée n’ont pas donné d’autre choix à Martine et Émilie. 

Fidèles à elles-même, et fidèles à leur rêve initial, elles nous réservent toutefois une dernière journée spéciale:

Mercredi le 21 août, elle réouvriront les portes de Folle Théière pour une dernière journée Salon de thé:  il sera possible d’y boire un thé, un smoothie, de déguster un dessert ou de faire provision de thé en vrac à rabais.

Il sera aussi possible de déguster le thé à l’anglaise avec Martine et Émilie, dimanche le 8 Septembre au Domaine Howard: ce sera leur dernière présence à l’événement Les rendez-vous d’Howard, à Sherbrooke.

Bonnes suites, Martine et Émilie!

 

Sylvie image Tasse Sylvie


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2 commentaires
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2 commentaires

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Gloria Duchesneau avril 10, 2016 - 10:58

Bravo Sylvie pour votre article…..! Non seulement on en apprend encore plus sur Folle Théière, ça donne envie soit d’y aller ou d’y retourner…..et on découvre votre passion au travers votre belle plume 🙂

Merci…..!

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Sylvie Charbonneau
Sylvie Charbonneau avril 10, 2016 - 1:15

C’est effectivement un lieu à découvrir … ou re-découvrir ! merci Gloria!

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