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Minnie Richardson Entrevue

Comment faire un grand saut et tout quitter: Minnie Richardson

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On rêve toutes un peu de “faire le grand saut”, et pour chacune de nous, cela a une signification particulière. Changer de vie,  sauter dans le vide, repartir à zéro… 

Pour Minnie Richardson, ce grand saut voulait dire “tout quitter”: l’an dernier, elle choisissait de tout lâcher (tout, tout!) et de partir travailler 1 an en France, avec sa p’tite famille.  Dans cette entrevue, j’explore avec elle le processus de décision avant de faire un grand saut:  Comment on décide ça ?

Minnie est une coach de vie que j’ai croisée lors d’une formation web que nous suivons toutes les deux, et j’ai vite senti qu’on avait bien des choses en commun.  Même si un océan nous sépare, on a pu se connecter et commencer à jaser de nos collaborations. Je suis bien contente de vous la présenter et je suis certaine que vous la trouverez inspirante!

Minnie Richardson: coach de vie et exploratrice

Tout d’abord, je vous la décris: C’est son délicieux accent britannique qui m’a tout de suite charmée! Et ensuite, son débit et son ton, calmes, apaisants: lorsque Minnie parle, avec cet accent un peu chantant, on ouvre l’oreille et on porte attention, et tout naturellement, on respire un peu plus lentement, on se détend. Elle dégage cette force tranquille, qui nous met à l’aise, en confiance. C’est d’ailleurs ce calme qui se fait contagieux, lorsqu’elle anime des méditations live sur Facebook, que vous pouvez aller écouter (je vous en parle plus loin).

 Minnie a lancé son entreprise, La Conscience en Soi, où elle propose coaching, rituels et programmes de réalisation de soi. D’origine britannique, elle est devenue québécoise il y a plus de 15 ans et a travaillé plusieurs années à Montréal et dans les Laurentides, en tant que coach de vie, inspiratrice (ce terme lui va comme un gant!) et conférencière.

Voici la région du Tarn, dans le sud de la France, où Minnie a choisi de s’établir avec sa famille, pour un an. Elle se réveille tous les matins avec une vue fabuleuse!

Minnie Richardson le Tarn

Minnie, tu es coach de vie et tu as développé ton entreprise la Conscience en soi pendant une dizaine d’années, travaillant à Montréal et dans les Laurentide. Or, l’an dernier, tu as choisi de tout lâcher et de partir exercer un an en France, avec ton conjoint et ton jeune garçon. Ça impliquait de tout laisser ce que tu avais développé ici au Québec et de redémarrer dans un autre pays. C’est tout un saut dans le vide!

Parles-moi de ce qui t’a amenée à faire ce saut.

Minnie : J’avais un rêve: que la communauté vibrante de la Conscience en soi grandisse tranquillement, et permette à des personnes partout dans la francophonie de bénéficier d’un accompagnement, où que je sois physiquement. Je trouvais cette idée merveilleuse, à la fois libératrice pour moi et super bénéfique pour ma communauté!  

Mais pour y arriver, oh oui, c’était tout un saut dans le vide!  

Surtout que, entre le moment où on pris la décision et le moment où on voulait partir, il y a eu seulement 4 mois de préparation!  

Vous avez préparé ce changement en seulement 4 mois ?

Minnie :  Oui, c’était un peu fou! Lorsqu’on doit fermer une vie à 3 dans un pays, pour en ouvrir une autre ailleurs, ça fait beaucoup de choses à prévoir. Surtout que le train-train de la vie quotidienne continue aussi! C’était une période bien intense, il y avait d’une part tous les préparatifs pratiques (d’énormes listes de choses à faire), les démarches administratives non négligeables et l’aspect émotif et affectif de ce grand changement de vie, autant pour mon conjoint Marc et moi, que pour notre fils Milo, qui avait alors 6 ans.

À la base, c’était ton projet professionnel qui vous amenaient à “essayer une nouvelle vie ailleurs”, pour vous trois. Comment as-tu impliqué ta famille dans cette réflexion ? 

Minnie :  Je dirais que c’était un travail d’équipe entre Marc et moi. En janvier 2016 lors d’une séance de visualisation pour planifier mon année, j’avais osé exprimer mon désir de voyager en Europe avec la Conscience en soi. Je dis “oser”, car 3 billets d’avion pour traverser l’Atlantique, ça représente une certaine somme et je ne savais réellement pas comment on allait pouvoir se le permettre.  

Déjà, ça faisait 8 ans que j’offrais le coaching individuel par Skype (étonnamment puissant, en passant) et j’avais également mis sur pied dans la dernière année un programme web d’évolution de soi « Ma vie consciente ». De plus, j’offre régulièrement des webinaires et des méditations en direct sur Facebook live, ouverts à tous, peu importe le fuseau horaire. Je n’avais donc pas l’impression d’avoir vraiment à tout laisser au Québec, en termes de vie professionnelle.

Sauf qu’en termes personnels, oh lala ! Quitter le confort de mon quotidien, les amis, la famille, les repères et le réseau de soutien qui nous portaient si bien: c’était ça,  pour moi, l’énorme saut dans le vide. Ça m’a fait beaucoup travailler intérieurement… avant, pendant et après!

Mais je souhaitais vraiment développer le marché européen pour la Conscience en soi et je voulais aussi voir ma famille en Grande-Bretagne plus souvent, car même si j’ai passé les 15 dernières années au Québec, je suis britannique à la base!  Alors j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai donc écrit quand même ce désir, dans mon cahier rouge, en ajoutant  la petite note à côté: “même si aujourd’hui je ne sais pas comment”.

Objectif familial: être libres de mouvement

Comment on se prépare à aller vivre sur un autre continent?  Racontes-nous comment vous avez évolué avec cette idée qui germait…

Minnie :  Cette décision s’inscrivait globalement dans notre objectif familial d’être libres de mouvement, de pouvoir travailler de n’importe où et de mettre les choses en place pour que ce soit possible. Car à la base, mon conjoint Marc et moi sommes foncièrement indépendants et avons ce grand besoin d’être les maîtres de notre destin sur tous les plans!  On sentait donc que cette décision était juste:  c’était à la fois aligné avec nos désirs personnels et avec ce que la vie voulait pour nous.

Minnie Richardson Le grand saut

En fait, on se fait beaucoup guider par la vie, dans notre façon de naviguer les choix et les possibilités. On tente le plus possible d’écouter et d’honorer nos élans profonds, et en le faisant, en posant des gestes concrets vers ce qu’on veut, on porte attention à comment la vie y répond. Est-ce que les portes s’ouvrent devant nous ou au contraire a-t-on l’impression de devoir forcer? Est-ce que c’est facile ou est-ce que c’est ardu?

Alors pour ce choix-là, c’était plus facile qu’ardu ?

Minnie: Dans le cas de ce saut dans le vide vers la France, les opportunités, les ressources et les synchronicités qui se sont présentées à nous étaient si nombreuses et généreuses qu’on ne pouvait pas nier la justesse de la décision! La vie était – est encore! — de notre côté, nos désirs étaient alignés avec quelque chose de plus grand que nous, alors on a foncé!

Marcher main dans la main avec ses peurs

Minnie, tu as choisi d’écouter tes signaux intérieurs pour faire ce choix, même s’il y avait là-dedans de la peur . Comment on fait cela? 

Minnie: Pour ma part, j’ai vraiment senti que quelque chose se passait en moi sur le plan énergétique – un genre de vibration d’ouverture — et que c’était un moment charnière. Et j’avais raison.

On m’a contacté de la France pour m’interviewer, durant le même mois où je réfléchissais à tout cela. Et lors de cette entrevue, je me suis surprise à m’engager à faire une tournée de conférences-ateliers en France, quelques mois plus tard.  Mon rêve de visiter la France avec la Conscience en soi commençait à prendre forme!

Bon, je me disais: “Une tournée de conférences pendant deux semaines, ok, ça peut aller. Mais nous déraciner pour nous installer en France?” Nous en parlions, nous le projetions, mais ça me semblait trop gros.

Qu’est-ce qui était le plus difficile, à cette étape ?

La décision de partir en France avait réveillé de profondes peurs chez moi. Mon sommeil était fragilisé, j’étais plus émotive et je doutais de plein de choses. Oui, j’avais demandé de voyager en Europe avec la Conscience en soi, mais pas de m’y installer! Je l’avoue, les peurs ont pris le dessus!

 À un certain niveau, je savais que les peurs n’étaient pas fondées et que la décision d’aller en France n’était qu’un prétexte pour rencontrer, accueillir et libérer ces peurs. Mais il fallait tout de même les vivre dans toute leur intensité et ça, c’était éprouvant.

Mais je me suis souvent connectée à ma petite voix durant les semaines qui ont suivi, pour voir ce qu’elle avait à dire.Minnie meditation

Et je réalisais qu’iI y avait cette certitude à l’intérieur de moi, cette vibration dans mon plexus solaire qui m’a montré le chemin. Alors, j’ai marché main dans la main avec mes peurs pour mettre en place ces conférences et en faire la promotion, et j’étais — je suis! — fière de moi, car cela a pris beaucoup d’énergie et de courage! 

Car au-delà des peurs, j’ai profondément confiance en ma guidance intérieure et elle disait oui au projet. Ce qui fait que j’en suis venue à dire oui au projet. Nous avons dit oui.

J’ai mis un pied devant l’autre chaque jour pour avancer dans les préparatifs concrets, et surtout: je n’ai jamais remis en question notre projet!

Heureusement, d’ailleurs, car l’expérience démontre qu’on avait réellement un rendez-vous avec la vie ici: un rendez-vous avec la belle région qu’est le Tarn, et un rendez-vous avec toutes les belles âmes rencontrées depuis notre arrivée!

Donc, en avril 2016, nous avons commencé les démarches pour réaliser ce projet fou, avec un départ prévu pour le 17 août!

Quelles émotions t’habitaient, au moment où tu as réalisé que c’était vrai, que tu avais les billets d’avion et que les valises étaient faites? 

Minnie: J’ai un très beau souvenir d’un moment quelques jours avant le départ. Nous avions déjà entreposé la plupart de nos objets, nous venions de laisser nos chats avec leur famille d’accueil, nous avons rendu la clé de notre maison au propriétaire et avons terminé la journée avec un 5 à 7 improvisé, sur la petite plage de notre lac préféré en compagnie de bons amis. 

Il faisait beau, la voiture était remplie de nos derniers effets, et on était en route pour aller chez mes beaux-parents, qui nous hébergeaient les quelques nuits avant de prendre l’avion. Je me sentais fébrile, excitée, joyeuse et confiante!

Remémorer ce moment me permet de voir tout le chemin parcouru, et ça me donne des frissons!

Se faire une nouvelle vie, créer un nouvel équilibre

Minnie et Milo Tarn

Tarn marche Minnie

Ce petit coin du Tarn ou nous habitons m’a enchanté dès le premier instant: des villages médiévaux perchés en haut des collines,  les petites rues étroites qui ont des centaines d’années d’histoire, des rivières pour se rafraîchir et un soleil de fin d’après-midi complètement enchanteur. On baigne littéralement dans la beauté chaque jour!

-Minnie

Minnie, un an plus tard, comment cette expérience, qui est à la fois personnelle, professionnelle et familiale, teinte-t-elle ta façon de voir les choses?

Minnie: Cette expérience de tout laisser pour sauter dans une nouvelle vie m’a appris et m’apprend encore tellement de choses. C’est tellement riche! 

Voici,en vrac, ce qui me vient :

  • Sortir de sa zone de confort et perdre tous ses repères est inconfortable mais aussi extrêmement bénéfique

  • C’est peut-être drôle à dire, mais on peut trouver des façons de devenir confortable dans l’inconfort du changement! Ça s’apprend… et avec le temps ça devient plus facile

  • Avoir de la peur (même une peur bleue) ne veut pas dire qu’on a pris une mauvaise décision; la peur est plutôt un compagnon de route qui a plein de choses à nous enseigner

  • Changer d’horizon permet d’avoir un recul et une perspective sur notre vie qui sont impossibles à atteindre quand on reste dans le train-train quotidien;

  • Quand tout change autour de soi et en soi, cela nous apprend à devenir agile et souple intérieurement et à être capable de naviguer de façon fluide avec l’inconnu. On apprend à suivre le flux naturel de la vie, hors les limites habituelles qu’on met en place.Minnie Richardson conférence

  • Tout est possible, pourvu qu’on sente vibrer en nous la justesse de l’idée ou du projet, et qu’on s’y engage intérieurement. Sauter dans le vide avec le cœur ouvert permet de danser avec la vie et de s’ouvrir à toutes les façons créatives qu’elle a de nous soutenir

Quels sont tes plans, Minnie, pour les prochains mois, la prochaine année ?

Minnie: En fait, la première surprise est notre décision de poursuivre pour une 2e année en France! Notre périple français se passe à merveilles et tout est en expansion pour le moment! Alors on choisit d’aller au bout de cette expérience et de retarder jusqu’en 2018 le moment de rentrer.

Par contre, nous sommes revenus au Québec pour les vacances scolaires cet été, question de faire le plein d’amis, de la famille et surtout des lacs dans les (mes!) Laurentides…

Minnie, c’est une réel plaisir de pouvoir échanger avec toi sur ton expérience et je suis très heureuse du fait que nous allons continuer ces échanges à distance, comme ça, sur Thé Vert & Chocolat.  Dis-moi, en terminant, quels sont les 3 mots qui définissent ta vision, ton rêve, ta passion? 

Minnie: je dirais: 

  • Intériorité
  • Authenticité
  • Oser

..et je te dis: À bientôt Sylvie !


Sylvie Tasse Sylvie

Pour rejoindre Minnie Richardson : Coach de vie et Praticienne en travail rituel Découvrir la Conscience en soi (blog)

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5 commentaires

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Diane mars 31, 2017 - 1:45

Très belle entrevue inspirante…Merci !

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Sylvie Charbonneau
Sylvie Charbonneau mars 31, 2017 - 9:42

Très contente que vous ayez aimé cette entrevue: j’avais vraiment hâte de vous présenter Minnie !

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Minnie avril 2, 2017 - 2:08

Je suis bien heureuse de savoir que mon histoire peut en inspirer d’autres à faire leur propre saut! 🙂

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Catherine Simard mars 31, 2017 - 6:23

Bonjour,
Je me rends compte qu’on peut tellement vivre des situations similaires et s’appuyer les uns sur les autres. Que de plaisir de vous lire toutes les deux!
Depuis que j’ai appris que mon employeur m’autorisait à cumuler un congé différé: j’ai un grand vertige! Moi qui envisageait sérieusement de prendre une année sabbatique, cette nouvelle m’a bouleversé. ( Une peur bleue, vraiment!) C’était, comme tu le dis si bien Minnie, un alignement de signaux qui m’invitait à suivre ce chemin tapit en moi.
J’ai hâte de lire la suite!

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Minnie avril 2, 2017 - 2:12

Catherine, je te lis et j’ai des frissons…. Je comprends très bien la peur bleue qui peut nous habiter à l’idée d’un grand changement ! J’ai l’impression que nos peurs sont proportionnelles à la grandeur de notre projet… plus notre projet nous sort de notre zone de confort, plus il offre la possibilité pour nous de suivre davantage notre cœur, ben plus notre ego résiste et plus les peurs se manifestent. Donc la peur est normale, même un indicateur que tu es sur le bon chemin!! Et en même temps, c’est important de prendre soin de soi dans ces moments de changement et de fébrilité. Bonne continuation Catherine!!! xxx

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