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Qu’est-ce qui influence notre alimentation ?

écrit par Sylvie Charbonneau
Qu’est-ce qui influence notre alimentation ?

On est ce qu’on mange, dit le dicton

D’où vient cette phrase? Le premier à avoir lancé la phrase serait le français Jean Anthelme Brillat-Savarin, lorsqu’il publia en 1826 La physiologie du goût, un important ouvrage sur l’alimentation, dans lequel on retrouve une autre fameuse phrase:

Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es . 

Le livre, qui décortique la mécanique du goût, est ponctué d’humour et est considéré comme un des ouvrages fondateurs de l’art culinaire. 

Ah, nos aliments réconfort

J’écrivais récemment sur le “comfort food”: ces aliments qui font remonter en nous différentes émotions agréables, et vers lesquels on se tourne pour se réconforter. L’alimentation réconfort prend ses racines dans notre enfance, autour de souvenirs heureux: des événements plaisants qu’on a vécus, des personnes que l’on aime, des rituels agréables.

brownies-fondants-sans-gluten

En faisant quelques petites recherches sur mon “comfort food” à moi (je n’ai plus de secrets, ici: ce sont les brownies), j’ai découvert le Dr. Brian Wansink, directeur du Food & Brand Lab de l’Université Cornell dans l’état de New-York. Il y dirige un groupe de recherche fort intéressant, sur le goût et l’alimentation, plus spécifiquement, les habitudes alimentaires.

La question que pose Brian Wansink est:

“Si on est ce que l’on mange, pourquoi mange-t-on ce que l’on mange ?”

Son livre, Mindless Eating, nous explique comment tout ce qui nous entoure conditionne notre façon de manger. Ainsi, en “organisant” mieux les endroits où les gens mangent, les habitudes alimentaires changent naturellement.

Qu’y a-t-il sur notre comptoir de cuisine ?

Selon le Dr Wansink, les comptoirs de cuisine révèlent bien des secrets: ce qu’il a sur nos comptoirs de cuisine en dit long sur nos habitudes alimentaires et notre santé

Ses études ont démontré que s’il y avait un sac de chips, ou un paquet de biscuits sur le comptoir de la cuisine, les occupants de cette maison avaient en général un surpoids de 9 livres comparé à la moyenne. Si il y avait des boissons gazeuses sur le comptoir (même si elle sont “diète”), les occupants avaient en général un surpoids de 25 livres, comparé à la moyenne. Mais s’il y avait un bol de fruits sur le comptoir, ils pesaient en général 8 livres de moins que la moyenne.

Visibles et accessibles

Ainsi, les aliments visibles et facilement accessibles ont une grande influence sur la manière de s’alimenter.

(Coup d’oeil rapide sur mes comptoirs: seulement des fruits et du ché… et beaucoup beaucoup de livres de recettes!)

Que nous dit aussi le Dr Wansik ? 

  • Que la plupart de nos choix alimentaires se font dans un rayon de 8 km de la maison: D’abord chez nous, ensuite, à l’épicerie du coin, en route vers le travail et à l’école de nos enfants. C’est donc, selon lui, là où il faut agir en premier: Dans les endroits où nous passons nos journées. Il faut, dans ces endroits, faciliter les choix santé.
  • Que l’on peut jouer des tours à notre cerveau, en servant nos repas dans de plus petites assiettes (oui, ça fonctionne!) et en servant les aliments avec des cuillères à soupe plutôt qu’avec des louches: les études démontrent que cela a un effet sur la grosseur des portions que nous allons nous servir.
  • Qu’il faut mange à la lumière ! Selon ses études, les gens qui mangent dans un coin sombre des restaurants, ou dans une pièce mal éclairée, mangent davantage que les personnes assises dans une section plus éclairée.  Les gens qui mangent dans un endroit mal éclairé ont 73% plus de chance de commander du dessert, tandis que les personnes qui sont près d’une fenêtre ont 80% plus de chance de commander une salade.

On est plus fortes que ça! … vraiment ?

D’autres éléments conditionnent nos gestes alimentaires, par exemple la couleur. L’équipe du Dr Wansink relève que le contraste entre l’aliment et l’assiette est important: on mange davantage de riz blanc dans une assiette blanche, que lorsqu’il nous est servi dans une assiette de couleur contrastante. 

Le Dr Wansink met les gens en garde: Nous avons tous tendance à se croire à l’abri de ces influences. “Voyons donc, je ne vais pas manger plus à cause de la couleur ou la grandeur de l’assiette!” On s’est toutes dit cela: “Voyons, maintenant que je le sais, je ne vais pas me “laisser avoir” … Or, les données disent que oui: On se fait avoir quand même, même si on le sait! 

 

Vaut mieux alors prendre tous ces bons trucs et les mettre à l’usage: On revoit ce qu’on laisse sur le comptoir de cuisine, on choisit mieux les assiettes et les ustensiles, on allume la lumière… et on joue d’influence aussi, pour que dans les lieux que l’on fréquente, les choix santé soient faciles à faire. 

En s’assurant que ce qui est visible et accessible soit le plus santé possible, on va changer petit à petit les habitudes alimentaires. Pour manger mieux, la plupart du temps.

Ce qui ne nous empêche pas de craquer à l’occasion pour notre “comfort food”!


Quel est l’aliment réconfort du Dr. Wansink ?

 Il avait confié au magazine Maclean’s, en 2014, que c’est le Hamburger Helper!  Celui qui oeuvre depuis des décennies en faveur d’une meilleure alimentation craque donc pour cette boîte de nouilles avec assaisonnements, un produit tout ce qu’il y a de plus transformé. Il explique qu’ayant grandi dans un milieu modeste, l’alimentation de sa famille tournait beaucoup autour de ces plats faits en casserole. Et comme ses études le démontrent, nos “comfort foods” sont profondément ancrés dans nos souveners d’enfance. Brian Wansink ajoute toutefois: “Mais j’ajoute maintenant beaucoup beaucoup de légumes frais et des ingrédients de bonne qualité. Oui, ça demeure un aliment transformé, alors je n’en abuse pas, c’est mon aliment réconfort occasionnel!”

On est tous humains, non?

Ça correspond à ma façon de voir les choses: Une alimentation saine et santé la majorité du temps, et on se laisse “craquer” à l’occasion.

C’est votre avis ?

Sylvie image Tasse Sylvie


 

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6 commentaires
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6 commentaires

Natalie Charbonneau
Natalie Charbonneau octobre 30, 2016 - 8:36

Oui tout a fait … Transformer les “comfort food” en ” comfort food santé” et manger simplement. Super billet! :))

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Sylvie Charbonneau
Sylvie Charbonneau octobre 30, 2016 - 1:46

Comfort food santé, exactement Natalie!

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Nicole Labrie octobre 30, 2016 - 11:21

Bravo, très beau site inspirant, intéressant et plein de bon sens! La suggestion de servir dans de plus petites assiettes est vraiment efficace…et on a l’impression de manger plus ! Merci et au plaisir de te lire.

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Sylvie Charbonneau
Sylvie Charbonneau octobre 30, 2016 - 1:46

Merci Nicole !

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Martine
Martine octobre 30, 2016 - 2:10

Il y a une option que j’aime bien qui est de s’abonner å un panier de lėgumes bios. Quand j’ arrive avec mon panier chez moi, je me dėpěche de trouver 4 ou 5 recettes pour cuisiner mes lėgumes et d’y ětre fidèle. Merci pour ce beau blogue Sylvie!

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Sylvie Charbonneau
Sylvie Charbonneau octobre 30, 2016 - 2:17

C’est un très bon moyen, en effet, Martine! J’ai fait la même chose cet été et c’est vrai que ça nous pousse à cuisiner les légumes…et même à en découvrir de nouveaux!

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